En bref
- La note que le client attribue au parcours de bout en bout prédit la satisfaction bien mieux que celle qu'il attribue à une interaction isolée. La plupart des programmes de mesure évaluent encore les points de contact et passent à côté du parcours.
- Les ruptures qui comptent vraiment se nichent dans les passages de relais entre services, là où aucune équipe n'est garante de l'expérience et où tous les tableaux de bord restent au vert.
- Bien menée, l'analyse des parcours transforme un mur de scores de points de contact en une liste hiérarchisée des transitions qui font bouger la rétention et le chiffre d'affaires, chacune avec son responsable.
Un client peut donner une excellente note à chaque interaction prise séparément et partir malgré tout. C’est précisément ce que la plupart des programmes d’expérience ne sont pas conçus pour voir. Ils évaluent les appels, les visites, les e-mails et les sessions sur l’application un à un : chaque interaction est notée, suivie, au vert. Puis le client s’en va, et aucun tableau de bord ne l’avait vu venir.
La raison est structurelle. La satisfaction ne réside pas dans un point de contact isolé. Elle réside dans le chemin qui les relie.
Le parcours prédit ce que le point de contact ne peut pas prédire
Sur ce point, les travaux de McKinsey sur l’expérience client sont sans appel. Mesurer la satisfaction sur l’ensemble du parcours prédit la satisfaction client globale près d’un tiers mieux que de mesurer le ressenti à chaque interaction prise isolément.
L’effet est le plus marqué là où les parcours sont longs et passent par de nombreuses mains. Dans l’assurance santé, un client a bien plus de chances d’être satisfait lorsque l’ensemble du parcours fonctionne que lorsque seuls les points de contact fonctionnent.
C’est pourquoi une série de scores de points de contact au vert peut masquer un parcours qui se délite en silence. Chaque équipe optimise son propre maillon. Personne ne répond des jointures entre les maillons, et ce sont justement ces jointures qui font basculer la décision du client.
La satisfaction ne réside pas dans un point de contact isolé. Elle réside dans le chemin qui les relie.
Ce que coûtent les ruptures, et ce que rapporte leur réparation
Les clients considèrent déjà le parcours comme le produit. Plus de huit sur dix affirment que l’expérience offerte par une entreprise compte autant que ce qu’elle vend.
Quand le parcours se rompt, ils partent, sans toujours accorder de seconde chance. Près d’un tiers d’entre eux affirment qu’ils tourneraient le dos à une marque qu’ils apprécient après une seule mauvaise expérience. Tout l’enjeu de l’analyse des parcours est de repérer ces points de rupture avant le client, et le bénéfice se lit des deux côtés du bilan.
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Ce que la maximisation de la satisfaction du parcours peut faire bouger
Source : McKinsey & Company
Une même discipline améliore la satisfaction, augmente le chiffre d’affaires et réduit le coût de service, car un parcours fluide génère moins d’appels répétés, moins d’escalades et moins de paniers abandonnés. Les économies et la croissance proviennent du même correctif.
Comment lire un parcours, et non un tableau de bord
L’analyse des parcours est moins un outil qu’une série de questions posées à des données rassemblées. La méthode qui tient la route sur le terrain est toujours la même.
- Définissez le parcours qui porte l’argent. Commencez par un seul résultat qui compte, comme l’onboarding jusqu’à la première valeur, la réclamation jusqu’à la résolution, ou le renouvellement, plutôt que par la carte entière d’un coup.
- Rassemblez les données qui le sous-tendent. Reliez les événements, les états et les retours à un même client sur une même chronologie, en croisant CRM, produit, support et enquêtes, pour que le parcours apparaisse comme un seul et même enregistrement.
- Mesurez les transitions, pas les étapes. Observez la conversion d’une étape à l’autre, le temps passé sur chacune et l’ordre dans lequel elles s’enchaînent. Ce sont les décrochages et les détours qui font signal.
- Superposez le ressenti. Rattachez les scores de satisfaction et d’effort là où ils existent, pour saisir à la fois ce qui s’est passé et comment le client l’a vécu.
- Hiérarchisez par impact et désignez un responsable. Classez les points de rupture selon le chiffre d’affaires et la rétention qu’ils font bouger, puis attribuez à chacun un nom, une métrique et une échéance.
C’est sur cette dernière étape que la plupart des programmes échouent. Un enseignement de parcours sans responsable n’est qu’une diapositive. Un enseignement de parcours assorti d’un responsable et d’un chiffre devient une feuille de route.
De la carte à l’action
La valeur de l’analyse des parcours ne tient pas à la carte. Elle tient à la courte liste des transitions qui, une fois corrigées, changent le résultat, et à la discipline de les financer dans le bon ordre. Cela suppose de relier ce que ressentent les clients à ce que gagne l’entreprise, et de diriger la prochaine intervention vers le moment qui fait réellement avancer le parcours.
Pour voir comment nous construisons cela avec nos clients, découvrez nos approches Experience to Impact et Next Best Action, ou parcourez les études de cas.
Sources
- McKinsey & Company, "The three Cs of customer satisfaction: Consistency, consistency, consistency," mckinsey.com.
- McKinsey & Company, "What is CX (Customer Experience)?," mckinsey.com.
- Salesforce, "State of the Connected Customer Report Outlines Changing Standards for Customer Engagement," salesforce.com.
- PwC, "Experience is everything: Here's how to get it right," pwc.com.