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Advisory 6 min de lecture

Le savoir qui vous répond : des assistants IA au service de l'expertise interne

Un assistant IA interne n'est pas une barre de recherche agrémentée d'une bulle de conversation. C'est une couche gouvernée posée sur votre savoir, qui transforme l'expertise collective de l'entreprise en une réponse accessible à chaque collaborateur en quelques secondes.

En bref

  • Les travailleurs du savoir consacrent près d'un cinquième de chaque semaine à chercher de l'information interne et les collègues qui la détiennent. C'est ce temps perdu qui justifie un assistant, pas la technologie.
  • Les gains sont réels mais inégaux. Le même outil qui augmente la productivité globale de 14 % la fait bondir de 34 % chez les recrues et les collaborateurs les moins expérimentés, parce qu'il leur livre les réponses que les experts ont déjà en tête.
  • Ce qui distingue un assistant auquel on fait confiance de celui que l'on abandonne discrètement, c'est la gouvernance : un corpus délimité, des sources citées et une discipline de mise à jour. Sans cela, le système invente la règle.

Demandez à un collaborateur de terrain où trouver la réponse : il vous donnera rarement un document. Il vous donnera un nom. La règle est dans la tête de quelqu’un, l’exception dort dans un fil de discussion du printemps dernier, et la version à jour du guide opérationnel est celle qu’un collègue chevronné garde sur son bureau. Toute organisation tourne grâce à un savoir qu’elle peine à retrouver.

Le coût n’a rien d’abstrait. Il se paie chaque jour, dans la même monnaie, et par chacun.

Le problème, c’est l’accès, pas l’information

Les entreprises ne manquent pas de savoir. Elles manquent de moyens d’y accéder. L’étude de McKinsey sur les travailleurs de l’interaction a révélé que près d’un cinquième de la semaine de travail se dissipe à chercher de l’information interne ou à retrouver la personne qui la détient. Pour une fonction à forte intensité de savoir, cela représente un jour sur cinq passé à chercher plutôt qu’à servir.

~20% de la semaine de travail que les travailleurs de l'interaction passent à chercher de l'information interne ou à solliciter les collègues susceptibles de les aider. Source : McKinsey Global Institute

Un assistant interne s’attaque directement à ce chiffre. Il absorbe les règles, les guides opérationnels et la documentation produit dont l’organisation dispose déjà, les indexe et répond aux questions en langage clair, en renvoyant vers la source. La même étude a montré que rendre le savoir consultable peut réduire le temps de recherche de 35 %. L’enjeu n’est pas la nouveauté, ce sont les heures récupérées.

Les entreprises ne manquent pas de savoir. Elles manquent de moyens d'y accéder.

Les gains sont les plus marqués là où l’ancienneté est la plus faible

La preuve la plus rigoureuse nous vient d’une étude portant sur 5 179 conseillers du support client, équipés d’un assistant génératif qui leur soufflait des réponses en temps réel. Cet appui a fait grimper de 14 % en moyenne le nombre de cas résolus par heure. Mais la moyenne masque l’essentiel : les conseillers débutants et les moins qualifiés ont progressé de 34 %, tandis que les plus chevronnés n’ont quasiment pas bougé.

+34% de gain de productivité pour les conseillers du support débutants et les moins qualifiés dotés d'un assistant IA génératif, contre 14 % en moyenne sur l'ensemble des conseillers. Source : Brynjolfsson, Li & Raymond, NBER

Cette asymétrie résume à elle seule pourquoi le savoir interne est un cas d’usage de premier ordre. L’assistant agit en faisant remonter ce que vos meilleurs éléments savent déjà pour le mettre à la portée de tous les autres. Il comprime la courbe d’apprentissage : un collaborateur arrivé depuis deux mois en vaut soudain un de six.

Figure 1

Un assistant IA profite avant tout aux moins expérimentés

Conseillers débutants / peu qualifiés+34%
Ensemble des conseillers (moyenne)+14%

Source : Brynjolfsson, Li & Raymond, NBER (productivité mesurée en cas résolus par heure)

C’est pourquoi le savoir interne est passé du statut de chantier secondaire à celui de priorité de première ligne. Dans l’enquête 2024 de McKinsey, 65 % des organisations déclaraient recourir régulièrement à l’IA générative, soit près du double de la proportion relevée dix mois plus tôt ; et l’un des schémas qui reviennent le plus souvent dans cette adoption, c’est une interface conversationnelle posée sur les contenus internes.

Ce qui distingue un assistant qui inspire confiance d’un assistant qui l’érode

La technologie est la partie facile. C’est la discipline qui détermine si l’on continue d’utiliser l’outil après la première mauvaise réponse. Cinq pratiques séparent les déploiements qui font boule de neige de ceux qui s’éteignent en silence.

  1. Délimitez le corpus. Partez d’un ensemble de contenus bien tenu, qu’il s’agisse de la politique RH, des guides du support ou de la documentation produit, et dites clairement aux utilisateurs ce que l’assistant sait et ce qu’il ignore. Un assistant étroit mais fiable vaut mieux qu’un assistant large qui devine.
  2. Ancrez chaque réponse et citez-la. Les réponses doivent provenir de contenus validés et s’accompagner de liens vers la source, pour qu’un collaborateur puisse vérifier en un clic. L’assistant propose ; la source tranche.
  3. Faites de la mise à jour une mission, pas un vœu pieux. Les référentiels périmés sont à l’origine des hallucinations. Désignez des responsables : qui ajoute, qui retire, qui révise, et à quel rythme.
  4. Restreignez l’accès selon les habilitations. Le savoir interne est assorti de droits. L’assistant doit respecter qui a le droit de voir quoi, faute de quoi il devient une fuite à l’interface accueillante.
  5. Bouclez la boucle des retours. Surveillez les questions restées sans réponse et les réponses que les utilisateurs rejettent. Ces angles morts dessinent la feuille de route du prochain cycle de contenu ; ce n’est pas une raison d’abandonner l’outil.

Pourquoi l’équation économique tient

Si ce cas d’usage revient sans cesse dans les analyses sérieuses, c’est que la valeur se concentre précisément là où ces entreprises opèrent. McKinsey range les opérations client parmi les quatre fonctions qui captent l’essentiel du potentiel de l’IA générative, avec des gains de productivité de l’ordre de 30 à 45 % des coûts actuels de la fonction. Un assistant interne, c’est la voie par laquelle ce potentiel rejoint le poste de travail : non pas en remplaçant l’expert, mais en rendant son savoir accessible à tous, à l’instant précis où l’on en a besoin.

Les entreprises qui réussissent ne voient pas l’assistant comme une fonctionnalité. Elles y voient une couche pilotée posée sur leur expertise, gouvernée avec le même sérieux que le savoir qui la nourrit. Voilà ce qui sépare le déploiement d’un chatbot de la mise en place d’une véritable gestion du savoir.

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Sources

  1. McKinsey Global Institute, "The social economy: Unlocking value and productivity through social technologies," mckinsey.com.
  2. Brynjolfsson, Li & Raymond, "Generative AI at Work," National Bureau of Economic Research, nber.org.
  3. McKinsey, "The state of AI in early 2024: Gen AI adoption spikes and starts to generate value," mckinsey.com.
  4. McKinsey, "The economic potential of generative AI: The next productivity frontier," mckinsey.com.

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